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Autonomiser les éducateurs pour lutter contre la violence de genre liée à l'école en Ouganda

Kampala, Ouganda – Dans le cadre d’une démarche significative visant à résoudre le problème urgent de la violence basée sur le genre en milieu scolaire (VGMS), le Syndicat National des Enseignants de l’Ouganda (UNATU), en collaboration avec IE Afrique et avec le soutien financier de l’Association Nationale de l’éducation (NEA), a organisé un atelier de formation à fort impact pour 98 représentants syndicaux, hommes et femmes, d’écoles secondaires de Kampala.

L'atelier visait à améliorer la compréhension des participants sur la VGMS et à leur donner les moyens de défendre des environnements d'apprentissage plus sûrs et plus inclusifs.

Une réalité qui donne à réfléchir

Le Secrétaire Général adjoint, Duluga Buni Phillip, a ouvert l'atelier en rappelant brutalement la gravité de la VGMS : « Il ne s'agit pas seulement d'une préoccupation mondiale, mais d'une réalité quotidienne pour nombre de nos apprenants ici en Ouganda.» M. Duluga a souligné les conséquences désastreuses de la VGMS, notamment le décrochage scolaire et les problèmes de santé mentale, qui perpétuent les cycles de violence néfastes. Il a appelé les éducateurs à assumer leur rôle de « détenteurs d'obligations, de mentors et de protecteurs », soulignant que ce que vivent les apprenants façonne profondément leurs valeurs et leur avenir.

Comprendre la VGMS

La première séance de l'atelier, animée par Joan Aja, responsable des questions de genre à l'UNATU, a examiné en profondeur les différentes formes de la VGMS, notamment les violences sexuelles, physiques et psychologiques. Les participants ont été confrontés à des statistiques alarmantes, révélant que plus de 115 millions d'enfants sont victimes de VGMS chaque année dans le monde, et que le taux de châtiments corporels dans les écoles publiques ougandaises dépasse 74 %.

Mme Aja a fourni aux enseignants des outils essentiels pour aborder ces problèmes, notamment des procédures de signalement, la mobilisation des structures juridiques et de protection de l'enfance, et l'utilisation de la ligne d'assistance téléphonique Sauti 116 Ouganda. Elle a exhorté les éducateurs à devenir des défenseurs actifs d'écoles sûres et inclusives, en intégrant la dimension de genre dans leurs pratiques pédagogiques.

Engagement de l'UNATU et de l'IE

La deuxième session a renforcé l'engagement de l'Internationale de l'Éducation Afrique et de l'UNATU dans la lutte contre la VGMS. Depuis 2016, l'UNATU joue un rôle moteur en Afrique dans la mise en œuvre de la campagne de l'IE contre la VGMS, avec le soutien de NEA-USA et d'autres partenaires. Ce programme vise à prévenir les violences qui poussent les élèves à quitter l'école et compromettent la sécurité des enseignants.

L'UNATU a réaffirmé sa politique de tolérance zéro envers tout enseignant qui viole les droits d'un élève, exhortant les participants à appliquer leurs apprentissages au sein de leurs écoles et de leurs communautés, en veillant à ce que tous les enfants soient protégés, à l'école comme à l'extérieur.

Un appel à l'action unifié

Dans son discours de clôture, Nakiryowa Annet, présidente de la section Rubaga, a remercié les participants pour leur engagement et les a exhortés à adopter de nouvelles méthodes d'enseignement. « La violence est un problème majeur qui ne devrait jamais priver nos élèves de leur avenir », a-t-elle déclaré. Elle a encouragé les participants à agir comme ambassadeurs contre la VGMS, soulignant la responsabilité collective de créer des environnements éducatifs sûrs, inspirants et responsabilisants.

L'Internationale de l'Éducation Afrique soutient fermement cette initiative et s'engage à défendre les droits des apprenants et à faire en sorte que chaque école soit un environnement sûr et stimulant où les enfants peuvent s'épanouir, à l'abri de la violence. Ensemble, nous pouvons faire la différence et ouvrir la voie à un avenir meilleur et plus sûr pour tous les apprenants en Ouganda et au-delà.